| 29.13
Le croupier lance la roulette, avec prestance, puis lance la boulette. La caisse se tourne et se retourne sur un axe. La boulette s'arrête.
29.14
Il doit quand même bien y avoir des règles !
29.15
Les bourses ont des moutons. Il achète, j'achète. Ils vendent, je vends. Les moutons sont blancs, rarement noirs [Voir Expérience Brunetto Latini, chapitre 31 ]
29.16
La règle existe du seul fait qu'on s'imagine qu'elle existe. La règle est créée par le fait qu'on imagine mal qu'il ne puisse y en avoir une (base de la foi.)
29.17
La règle naît de son absence.
29.18
Bancs de poissons, ou de moutons, nuages d'étourneaux…
29.19
Le croupier ne connaît pas non plus les règles. Mais il tient et fait tourner la caisse.
Beaucoup croient donc qu'il sait.
29.20
Le croupier est notre berger.
29.21
Les-qui-jouent-savent-pas-qu'ils-jouent jouent à l'insu de leur plein gré (Théorème de Virenque). Les croupiers mentent en toute bonne foi (Théorème de Barnard Tapé, révision Jacques Fric-Frac, Jean-Pierre Gaffarien, Tony Nase, Tsar Cosi, Onc'Picsou, Berlucomics, etc).
29.22
La règle existe du seul fait qu'on s'imagine qu'elle existe. La règle est créée par le fait qu'on imagine mal qu'il ne puisse y en avoir une. (Base de la foi.)
29.23
La règle naît de son absence.
29.24
Moins il y a de règles et plus on parle de régulation.
29.25
Il n'y a pas de règles.
29.26
Il existe en revanche des retournements de tendance. Flux et reflux, marées marrantes, jusant, alternance. (Loto-casino-yoyo.)
29.27
On confie son argent, qui n'est pas de l'argent, à des établissements, appelés “manques”.
29.28
L'argent-non argent qu'on gagne en travaillant.
29.29
L'omme qui travaille produit. L'argent travaille aussi, mais autrement. L'argent travaille dans les manques, mais il ne produit rien.
29.30
L'argent monte, la mer se reproduit.
29.31
Quand la mer monte, tout le monde gagne : les petits, un peu, et les gros, gros.
29.32
Quand la mer descend, les petits perdent, un peu, c'est-à-dire tout, et les gros pas mal, c'est-à-dire assez peu.
Les gros-gros-gros gagnent dans tous les cas.
29.33
Au cours de séances d'initiation, certains reçoivent des habilitations à connaître les retournements de tendance un peu avant les autres. (Initiés du premier degré.)
29.34
Les initiés se connaissent entre eux, mais les autres ne les connaissent pas. Ils se contentent de subodorer.
29.35
Ils doutent, ils se doutent. La connaissance de la réalité engendrerait un doute vrai. Ils dubitent.
29.36
Pour éviter la connaissance, les initiés en appellent à la confiance (pour tout de suite) et proclament la “transparence” (pour un peu plus tard).
29.37
Il y a, il y a eu eu, il y a failli avoir transparence.
29.38
Les croupiers sont debout, les autres sont à croupetons croupis (= debout mais plus bas).
29.39
Le croupier est notre Fabergé.
29.40
Les initiés du deuxième degré, ou tendanceurs, s'entr'apprennent à provoquer les tournements et retournements de tendances. Danse.
29.41
Principe: ce qui est rare est cher. J'achète x millions de nullos, le nullos devient cher, très cher : je revends mes nullos. Puis à l'envers. Je vends x millions de nullos, le nullos devient bon marché, très bon marché : je rachète des nullos. Encore une fois à l'endroit.
29.42
Le marché est bien bon !
29.43
Les gros-gros-gros peuvent se payer aussi des avocats, des conseils en détournement, des sociétés d'écrans, des délocalisations paradisiaques et des amnisties circonstanciées.
29.44
L'amnistie généralisée est une séance d'amnésie générale. Dans l'amnistie en gros on ne s'embarrasse pas de détails, on s'oublie les uns les autres avec générosité, on chante et on danse les uns sur autres, les gros-gros sont heureux d'enterrer leurs gros trous dans des trous, les gogos-petits de pas avoir à payer leurs PV.
29.45
Les gros trous des gros sont enterrés dans des trous encore plus gros, les petits trous des petits font des bulles dans les verres, on communie dans la joie pure de la trouité, bonheur.
29.46
Les (gros) trous des (gros) particuliers sont des trous collectifs. Il est bon que le vide profite à tous.
29.47
Les gros-gros-gros sont aussi des gras-gras-gras. Les petits-petits sont maigres, maigres !
29.47
Les petits des gros sont mignons et doués. Ils sont trop choux, voire trognons.
29.48
Les choux sont gras, les vaches sont maigres et enragées. Mais sacrées !
29.49
Petits… petits…
29.50
Quand les riches perdent des milliards, ce n'est pas très grave, il y en a d'autres. (Des milliards.) Et puis, eux, ils ont le sens du jeu.
29.51
Quand les pauvres perdent, ce n'est pas très grave non plus, il y en a d'autres. (Des pauvres.)
29.52
Quand les pauvres et les pauvres qui se croient riches perdent leurs économies, ils ne savent pas en rire. Ils n'ont pas grand sens du jeu. Certains pensent qu'ils ne méritent même pas de jouer.
29.53
Peut-être les pauvres suivants auront-ils un meilleur sens du jeu, le bon goût du goût du risque, peut-être connaîtront-ils l'appel de Jean-Ernest L'Aventure ?
29.54
Politique de l'offre (et de la demande). Vous ne demandez rien, mais je vous l'offre (des produits). Vous n'offrez rien, mais je vous le demande (du travail). Allez et redemandez-en.
29.55
Jean-Gabriel L'Offre et Antoine-Marie La Demande sont dans un bateau. Nous vous remercions de bien vouloir ramer. Ciao !
29.56
Quand la manque gagne en jouant avec votre argent, c'est pour elle ; si elle perd trop, elle dépose son bilan : c'est pour vous. On dit alors qu'elle “manque”, c'est-à-dire vous. (Règle pile-tu-perds-face-je-gagne.)
29.57
Règle de base. Les profits sont privés, les pertes sont publiques.
29.58
Que la mer descende ou qu'elle monte, on prend des paquets de mer.
29.59
Pour éviter l'émergence d'un système rationnel (logique), les ommes sont obligés de mettre leur argent-non argent dans des manques. Voir “raquette”, “racket”, “raquer”.
Merci.
29.60
Les manques aussi font la manche.
29.61
Phases de jeu. Quand la mer descend brutalement, il y a “krach”. On dit aussi “tempête” (métaphore maritime) ou “feu de forêt” (métaphore ignée). C'est là, assure-t-on, que des milliards sont “engloutis”, ou “partis en fumée”.
Feu ou eau, l'important est de donner une impression de météo.
29.62
Le monde est plein de danger et de catastrophes naturelles. Vous devez apprendre à vous aimer les uns les autres, à vous aimer le danger, les catastrophes, le monde, la nature, les poches qui ont des trous.
29.63
Les métaphores ont un excellent dos.
29.64
(En vrai : les milliards ne sont pas du tout partis en fumée, mais dans d'autres poches. Chut…)
29.65
Quand une entreprise perd, on dit qu'elle “faillit”, ce qui revient à manquer aussi. Si elle est grosse-grosse, il y a grand intérêt à nationaliser ses pertes, comme ça tout le monde peut payer, voir “impôt”, “austérité”.
29.66
La contribution est exceptionnellement exceptionnelle.
29.67
Classique phase de jeu. Tu privatises, je nationalise, tu privatises, je nationalise. Et tu privatises. Quand on nationalise, on rationalise, chacun met la main à la poche en vue d'un bien commun. Quand on privatise, on vend à quelques-uns un bien commun : pourquoi ne reverse-t-on pas quelque chose à chacun ?
29.68
Presque tous perdent dans tous les cas : c'est l'alternance (économique, politique).
29.69
L'économie n'est pas économique du tout.
29.70
Il y a tout intérêt à conserver un état, et même à développer des collectivités territoriales, régions, communes, départements du monde. Comme ça tout le monde peut jouer à payer.
29.71
La constitution (du corps social) est exceptionnelle.
(...)
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