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Phosphènes
Poème-feuilleton
en trois épisodes

PREMIER ÉPISODE
DEUXIÈME ÉPISODE
TROISIÈME ÉPISODE

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spéculairement votre toux
s'améliore merdique oiseau
regardez comme il file
quelque chose de cru
enveloppé de plumes
il y avait quelqu'un
dessous (c'était moi)
épaule nue fientée
tu lisais Khlebnikov
au soleil entre herbe
et nuage tout prés
de l'ail sauvage (renoncules)
un œil posé dans le livre
où plus rien ne glapit
hennissement c'est terminé
prépuce des pivoines
une rimbaldienne miction
qui se préoccupe aujourd'hui
d'une épaule épisodiquement
rurale (n'avait pas à être nue)
soleil que l'air remue
impossible de prévoir
le fienteur invisible
son chant à saveur omnivore
délicate peau souillée
blancs filaments verts
dans le kleenex qui l'essuie
(rire haut du pissenlit à tes pieds
jaune pur comme autrefois)
une minable expérience
bucolico-lyrique ce % ajouté
pertinentes et variables citations
entre azur et minuscule caca
une décalcomanie délicate
tu n'avais pas (à ton âge)
te dénuder ainsi
(à l'abri des regards)
comme traîner la nuit
lumière des bars
boissons trop dures
pour une femme
(vieillissant les hommes y renoncent)
si peu et seule
dans sa chambre elle
dit qu'elle a peur
tout ce silence
pas venir se plaindre
rencontres mauvaises
autres périls
autrement périlleux
que l'oiseau (sa fiente)
surexister oui
avant l'après
et votre toux ce tabac
mais vous comment faites vous
écrire et gagner de l'argent
écrire pour des prunes
payée au lance-pierre
perdue récupérée
célestement menacée
projetant bestialité
reçue-donnée un
(hyperstressée je vous l'accorde)
les déviances c'est leur spécialité
ce menu quotidien quoique muet
c'est ma faute très grande
faute un demi siècle
pour effacer sa honte
faux mouvement d'ailes
porté par le vent déchets
multiplication des dépôts
un sais-sachant-savoir
singulière semence
comme cet orgelet soigné
par l'anneau d'or
un jour ouvert n'est pas
ouvrable le soir descend
silence on est mort
et hop ! on se lève
toutes les dorures
sont fermentées
l'invalide sommeille
attente du coït
tout est rongé oh ! non
il caille le lait dans l'assiette
puisque le soleil tourne
recommence ton vieil happening
sanglant impossible désormais
je-nous trois à Venise
en vapeurs le matin (beauté du vaporetto)
redistribue à chacun sa propre hérésie
perfusion placebo autant se purger soi-même
lié à tous les vivants par une vieille chaîne
frère-sœur deux accidentés
désaccord intra-utérin
côte à côte une poche
séparés deux sardines
se disputant l'espace liquide
gâteau placenta aujourd'hui
morceau de terre entre
rhône et durance
les œufs doubles se jettent
plus néfastes que les clairs
trésor ou décharge
notre destin hermétique
séparés fourmillant sous fumée
féminine la mère fécondée
trois fois ne gardant
que la première portée ho !
ho ! basse cour ou manœuvres
illicites féminins saignements
sous les tiges laminaires
parc des gémissements
demain l'été s'éteindra
dans un bal au village
le tissu de sa robe
c'était bien microfilm
jusqu'à ce soir où elle
me parle (j'entends sa voix)
deux ans après sa mort
didascalies posthumes
biscuit de l'air sa voix
me tourmente sa musique
comme un mot puisqu'un
mot me tourmente
en réserve du réel
forme de réponse
une part de tarte rouge
c'est bon c'est bon
on finira par la fermer
tout ralentit kleenex oiseau
nuages renoncules
scène cassée

(…) > DEUXIÈME ÉPISODE

 

 

 

 

Liliane Giraudon, Phosphènes
© Inventaire/Invention et les auteurs - tous droits réservés - 2008
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